Quand un non-résident fiscal vend un bien immobilier en France, la plus-value réalisée est imposée selon des règles spécifiques, distinctes de celles applicables aux résidents fiscaux français. Ce guide explique ce qui constitue la plus-value, comment elle se calcule, quels taux s’appliquent, quelles déductions et exonérations sont possibles, et comment la convention fiscale conclue avec votre pays de résidence affecte le résultat final.
Qu’est-ce que la plus-value immobilière des non-résidents
La plus-value immobilière correspond, en France, à la différence entre le prix de cession d’un bien et son prix d’acquisition, ajusté de certains frais et travaux. Pour un non-résident, cette plus-value est imposée à la source, c’est-à-dire prélevée au moment de la signature de l’acte de vente, par le notaire, pour le compte de l’administration fiscale française.
Cette imposition à la source explique pourquoi la désignation d’un représentant fiscal accrédité est obligatoire : c’est lui qui calcule l’impôt, atteste de son montant et garantit son paiement auprès du Trésor public.
Les taux d’imposition applicables aux non-résidents
La plus-value immobilière des non-résidents subit deux prélèvements distincts. Le premier est l’impôt sur la plus-value au taux forfaitaire de 19 %. Le second regroupe les prélèvements sociaux, dont le taux global est de 17,2 %, ramené à 7,5 % de prélèvement de solidarité pour les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un État de l’Espace économique européen ou de la Suisse.
Pour un vendeur résidant aux États-Unis, au Royaume-Uni, aux Émirats arabes unis (Dubaï), au Canada ou en Australie, l’imposition globale de référence est donc de 19 % + 17,2 %, soit 36,2 %, avant application des abattements pour durée de détention.
À ces deux prélèvements s’ajoute, le cas échéant, la surtaxe sur les plus-values immobilières élevées : un barème progressif déclenché à partir de 50 000 € de plus-value imposable, qui peut porter le taux global jusqu’à 42,2 %.
Comment se calcule la plus-value en pratique
Le calcul part du prix de cession, dont on retranche le prix d’acquisition majoré de certains frais. Les frais d’acquisition sont, au choix du vendeur, soit pris pour leur montant réel sur justificatifs, soit forfaitisés à 7,5 % du prix d’achat. Les travaux d’amélioration peuvent également être déduits, soit sur justificatifs s’ils ont été réalisés par une entreprise et n’ont pas déjà été déduits fiscalement, soit forfaitairement à 15 % du prix d’achat lorsque le bien est détenu depuis plus de cinq ans.
La plus-value brute ainsi obtenue est ensuite réduite par les abattements pour durée de détention. Pour l’impôt sur la plus-value, l’exonération est totale après vingt-deux ans de détention. Pour les prélèvements sociaux, elle n’est totale qu’après trente ans. C’est cette double durée qui explique pourquoi l’optimisation par la durée de détention reste un levier majeur, même imparfait.
Pour un calcul détaillé, exemples chiffrés à l’appui, consultez notre guide complet du calcul de la plus-value pour non-résidents.
Les abattements pour durée de détention
Les abattements progressifs s’appliquent au-delà de la sixième année de détention :
- Pour l’impôt sur la plus-value (19 %) : 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année. Exonération totale à 22 ans.
- Pour les prélèvements sociaux (17,2 %) : 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e année, puis 9 % par an de la 23e à la 30e année. Exonération totale à 30 ans.
Concrètement, un bien détenu depuis 25 ans est totalement exonéré d’impôt sur la plus-value mais reste partiellement soumis aux prélèvements sociaux.
Les principales exonérations applicables
Au-delà des abattements pour durée, plusieurs exonérations spécifiques peuvent s’appliquer aux non-résidents.
Exonération pour première cession d’un logement
Un non-résident qui n’a jamais été propriétaire de sa résidence principale en France peut, sous conditions, bénéficier d’une exonération sur la première cession d’un logement situé en France, plafonnée à 150 000 € de plus-value imposable. La cession doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant le transfert du domicile fiscal hors de France, et le bien doit avoir été à la libre disposition du cédant pendant au moins une année avant la vente.
Exonération du logement détenu depuis plus de trente ans
Comme indiqué plus haut, la plus-value est totalement exonérée – impôt et prélèvements sociaux – au-delà de trente ans de détention.
Cession à un prix inférieur à 15 000 €
Les cessions inférieures à 15 000 € sont exonérées. Cas marginal pour des biens immobiliers, mais qui peut concerner des cessions de parts de SCI C� très faible valeur unitaire.
L’effet des conventions fiscales internationales
La France a signé des conventions fiscales bilatérales avec la quasi-totalité des pays. Pour la plus-value immobilière, ces conventions reconnaissent en règle générale le droit d’imposer à l’État où est situé l’immeuble – en l’occurrence la France. Concrètement, la plus-value reste imposable en France selon les règles décrites ci-dessus.
Mais votre pays de résidence peut, lui aussi, vouloir taxer la même plus-value en application de ses propres règles fiscales. C’est ici que la convention fiscale joue son rôle : elle organise un mécanisme d’élimination de la double imposition, par exemption ou par crédit d’impôt selon les cas. Les modalités varient sensiblement d’un pays à l’autre – d’où l’intérêt de vérifier précisément la convention France-USA, France-UK, France-Emirats, France-Suisse, France-Canada ou France-Australie selon votre situation.
Comment ACCREDITAX vous aide à optimiser
L’optimisation de la plus-value passe par trois leviers : la vérification minutieuse des frais et travaux déductibles, l’examen attentif des exonérations potentiellement applicables, et la lecture précise de la convention fiscale qui lie la France à votre pays de résidence. ACCREDITAX coordonne ces trois dimensions avec votre notaire et avec le représentant fiscal accrédité retenu, pour s’assurer que rien n’est laissé de côté.
Questions fréquentes
Quel est le taux global d’imposition d’une plus-value de non-résident ?
36,2 % avant abattements pour durée de détention (19 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec une éventuelle surtaxe progressive au-delà de 50 000 € de plus-value imposable.
Au bout de combien d’années suis-je totalement exonéré ?
22 ans pour l’impôt sur la plus-value, 30 ans pour les prélèvements sociaux. L’exonération totale, impôt et prélèvements sociaux confondus, intervient donc à 30 ans de détention.
La convention fiscale avec mon pays peut-elle annuler l’imposition française ?
Non. Les conventions fiscales reconnaissent à la France le droit d’imposer la plus-value sur un immeuble situé en France. Elles évitent la double imposition mais ne suppriment pas l’impôt français à la source.